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Affaire Harvey Weinstein : Woody Allen, Roman Polanski… Ces autres scandales sexuels qui ont secoué Hollywood.

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AGRESSIONS SEXUELLES – Avant le producteur Harvey Weinstein, accusé d’avoir harcelé ou agressé sexuellement de nombreuses femmes, dont les actrices Ashley Judd ou Angelina Jolie, l’industrie cinématographique hollywoodienne a été éclaboussée par de plusieurs scandales. De Woody Allen à Bryan Singer en passant par Roman Polanski, retour sur les affaires les plus marquantes.

L’affaire Bill Cosby

C’est l’une des dernières affaires en date et elle est tout aussi emblématique de l’omerta qui règne à Hollywood sur les agressions sexuelles. Bill Cosby, superstar des années 80 à la télévision est accusé par une trentaine de femmes d’agressions sexuelles au cours des trente dernières années.

Si les faits ont été prescrits dans la plupart des cas, une femme, Andrea Constand, ancienne étudiante de l’université de Philadelphie, a obtenu un procès. Elle accuse Bill Cosby de l’avoir agressée en janvier 2004 à son domicile de Cheltenham, dans la banlieue de Philadelphie. Bill Cosby a reconnu avoir pratiqué des attouchements sur Andrea Constand, mais a toujours assuré qu’il s’agissait d’une relation consentie.

Le procès s’est tenu en juin dernier et s’est soldé par une annulation : les jurés n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le verdict. Le second procès se tiendra donc au printemps prochain, pour permettre à ses nouveaux avocats, dont celui qui obtint l’acquittement de Michael Jackson, de se préparer. Car Cosby a embauché l’un des ténors du barreau à Hollywood, Tom Mesereau, un avocat de Los Angeles rendu célèbre en défendant avec succès le chanteur Michael Jackson, acquitté en juin 2005 d’accusations d’attouchements sur mineur après quatre mois de procès.

L’affaire Woody Allen

Les accusations d’agressions sexuelles contre Woody Allen ont eu un écho mondial, en mai 2016, lors du Festival de Cannes. Le fils de l’acteur, Ronan Farrow, le même homme à l’origine de l’enquête du New Yorker sur Harvey Weinstein, a publié une tribune dans la bible des journaux hollywoodiens, le Hollywood Reporter. Dans cette tribune, il dénonçait « le silence » qui entourerait le passé de son père en raison de son statut de réalisateur star avec ses 46 films.

En cause, des accusations portées par sa fille adoptive, Dylan Farrow, de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle était enfant et dont peu de médias s’étaient fait l’écho. « Il y aura des conférences de presse, et un tapis rouge que mon père va fouler avec sa femme (ma sœur) Il va avoir ses stars à ses côtés – Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carell, Jesse Eisenberg. Ils peuvent faire confiance à la presse pour ne pas leur poser de questions dérangeantes. Ce n’est pas le moment, ce n’est pas l’endroit, ça ne se fait pas », dénonçait Ronan Farrow.

L’affaire concernant Dylan Farrow avait surgi une première fois, lorsque Woody Allen avait quitté Mia Farrow pour se mettre en couple avec une autre fille adoptive de cette dernière, Soon-Yi Previn, âgée de 21 ans à l’époque. Un juge new-yorkais avait été mandaté et une enquête des services sociaux de New York avaient conclu, au moment d’une bataille judiciaire pour la garde des enfants d’Allen et Farrow, que les accusations d’agression sexuelle étaient « non concluantes ». Mais Dylan Farrow avait réitéré ses accusations, publiquement, en pleine saison des Oscars 2014. Le réalisateur américain les avait immédiatement qualifié de « fausses et honteuses ».

L’affaire Bryan Singer

Peu connues, les affaires qui entourent le réalisateur Bryan Singer et les faits dont il est accusé sont pourtant sordides. En 1997, un figurant de 14 accusait Singer d’avoir eu un comportement inapproprié pendant le tournage de Apt Pupil. Quelques années plus tard, rebelote.

En 2014, l’homme est accusé par un jeune homme de 31 ans, Michael Egan III, de l’avoir contraint à des rapports sexuels lors de soirées en Californie et à Hawaï à la fin des années 1990, alors que ce dernier était mineur. Dans sa plainte datant de 2014, Michael Egan accuse Bryan Singer de s’être « servi de son pouvoir, de sa fortune et de son statut dans le milieu du spectacle pour agresser sexuellement le plaignant mineur, à l’aide de drogues, d’alcool, de menaces et de flatteries ». Le réalisateur aurait ensuite fait une fellation à l’adolescent et l’aurait forcé à lui rendre la pareille dans une piscine. D’après la plainte, Bryan Singer aurait promis des rôles de premier plan au jeune homme dans la série des films X-Men en échange de ces gestes.

« On a mis de la drogue dans mes boissons. On m’a fait ingurgiter de l’alcool », avait raconté Michael Egan lors d’une conférence de presse donné à Beverly Hills. Selon lui, les agressions sexuelles se sont déroulées dans une maison en particulier. « Dans cette maison, j’ai été violé à plusieurs reprises par de nombreuses personnes », disait-il. Il a également expliqué que quelqu’un l’avait menacé en plaçant une arme à feu dans sa bouche. « J’étais enfant, j’avais une peur bleue », a-t-il souligné. Michael Egan a dit avoir raconté ces faits à sa mère, qui a prévenu la police. Mais, d’après lui, les autorités n’ont pas tenté d’exploiter son récit et l’enquête est restée au point mort. Michael Egan a, depuis, retiré sa plainte.

Cette même année, un autre jeune garçon d’origine anglaise accuse Bryan Singer et trois autres personnalités hollywoodiennes d’abus sexuels dans une chambre d’hôtel de Londres en 2006. Les faits se seraient déroulés après l’avant-première de Superman Returns et la victime présumée était âgé de 17 ans. Selon les déclarations, l’adolescent aurait été entraîné dans une suite et immobilisé par un « homme large et musclé » pour que Bryan Singer puisse l’agresser. Gary Goddard aurait lui assisté à la scène assis sur le lit, complètement nu.

Après des semaines de silence, Singer avait démenti et ses avocats avaient, de leur côté, expliqué que toutes « ces allégations à l’encontre de Bryan Singer ne tiennent pas debout. Nous sommes confiants dans le fait que Bryan obtiendra justice dans cette affaire absurde et diffamatoire », disait son avocat, Marty Singer, qui n’a aucun lien de parenté avec le réalisateur. « Il est évident que cette plainte a été déposée pour générer un maximum d’attention alors que le nouveau film de Bryan est sur le point de sortir », justifiait-il à l’époque.

Des affaires qui avait « poussé » le réalisateur à ne pas faire la promotion de son film X-Men : Days of Future Past, pour éviter que les accusations d’agression sexuelle qui le visent et qu’il rejette fermement ne viennent perturber la promotion du film. Le réalisateur avait d’ailleurs estimé la plainte déposée contre lui à Hawaï était une « tentative tordue et détraquée d’extorsion », pour lui soutirer de l’argent à quelques semaines de la sortie en salles de son film.

L’affaire Polanski

L’affaire dure depuis 40 ans et si la victime, Samantha Geimer a souhaité tourné la page, elle revient sans cesse dans l’actualité. Les accusations de viol sur mineure contre Roman Polanski alimentent cette sordide saga depuis une quarantaine d’années.

Le réalisateur est accusé d’avoir drogué et violé en mai 1977 une adolescente de 13 ans dans la villa de Jack Nicholson à Hollywood. Il a admis une relation sexuelle après que les autres chefs d’accusation plus graves ont été abandonnés et passé 42 jours en prison, avant d’être relâché sous caution. Mais redoutant d’être condamné malgré un accord à l’amiable, ce dernier fuit les Etats-Unis et trouve refuge en Europe. Samantha Geimer, 54 ans et 13 à l’époque des faits, avait demandé en juin dernier que le tribunal de « clore cette affaire », déclarant que les procédures interminables minaient son existence et qu’elle avait pardonné à son agresseur. Mais un juge a refusé de clore celle-ci.

En 2010, l’actrice britannique Charlotte Lewis avait, elle aussi, déclaré que le réalisateur l’avait forcée à avoir une relation sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans. Et plus récemment, en août dernier, troisième femme est sortie de l’anonymat pour accuser le réalisateur. Appelée Robin, elle a déclaré lors d’une conférence de presse à Los Angeles qu’elle avait été « abusée sexuellement » par le célèbre cinéaste franco-polonais lorsqu’elle avait tout juste 16 ans, en 1973.

La semaine dernière, c’est une quatrième femme qui a déclaré avoir été victime d’une agression par le réalisateur. L’affaire remonte à 1972. Renate Langer dit avoir été violée à Gstaad par Roman Polanski quand elle avait quinze ans. Elle a été interrogée le 26 septembre dernier par la police suisse, a déclaré à l’AFP le chef de la communication de la police du canton de St. Gallen, Krusni Hanspeter. Selon la presse, Renate Langer, aujourd’hui âgée de 61 ans, est une ancienne actrice née à Munich.

L’affaire Stephen Collins

Il était le père, pasteur, et une icône de la famille américaine telle que la télé l’adore. Stephen Collins, alias le Révérend Camden de la série 7 à la maison est accusé de pédophilie, en 2014. En 2012, peu avant son divorce avec l’actrice Faye Grant, l’acteur et son ex-femme étaient suivis une par thérapeute de couple. C’est lors d’une de ces séances que l’acteur a avoué avoir agressé et molesté de jeunes enfants et des jeunes filles mineures. Un aveu qui aurait pu rester « secret » mais son ex-femme avait enregistré cette conversation.

Stephen Collins raconte avoir « pris la main de cette jeune fille » et l’avoir « posée sur [son] pénis ». Et cela s’est produit à plusieurs reprises lorsqu’elle avait entre 11 et 13 ans. Son ex-femme lui demande s’il « a eu une érection suite à ce geste ». Ce dernier reconnaît alors « partiellement ». Il évoque ensuite deux autres jeunes filles âgées d’une douzaine d’années : une vivant à New York et l’autre à Los Angeles. En ce qui concerne la jeune fille de Los Angeles, Stephen Collins confesse qu’il a tenté de s’excuser auprès de sa victime des années après.

Deux mois après ces révélations, il adresse un communiqué au journal People : « Il y a quarante ans, j’ai fait quelque chose de terriblement mal que je regrette profondément. J’ai travaillé à expier cela depuis », explique Collins. « Sur l’enregistrement, je décris des événements survenus il y a 20, 32 et 40 ans. La publication de cet enregistrement a donné lieu à des hypothèses et des insinuations, concernant ce que j’ai fait, qui vont bien au-delà de ce qui s’est réellement produit. Aussi difficile que cela puisse être, je veux que les gens sachent la vérité », affirmait le comédien.

L’affaire Michael Jackson

Michael Jackson, le « roi de la pop », décédé en 2009 à l’âge de 50 ans, a traîné durant des années les soupçons d’abus sexuels sur des enfants. Des « rumeurs » jamais vraiment avérées et qui en partie nui à sa carrière même s’il n’a jamais été condamné. Tout commence en 1993, lorsqu’un jeune garçon de 13 ans l’accuse d’agressions sexuelles répétées. Un an plus tard, les procureurs de Californie annonceront ne pas inculper la star car la principale victime a décidé de ne pas témoigner.

Un procès au civil est néanmoins intenté, qui s’achèvera en 2004 par un accord entre les deux parties : MJ déboursera près de 25 millions de dollars. Dix ans après les premières révélations, en décembre 20003, il est inculpé de sept chefs d’agression sexuelle sur mineurs. Il plaide non coupable et sera acquitté en 2005. En 2016, il était selon Forbes l’artiste mort le plus « rentable », avec quelque 825 millions de dollars pour ses ayants droit. Ces affaires l’auront poursuivi durant toute la fin de sa vie et de sa carrière.

Source : http://www.lci.fr/AFP (11/10/2017)

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