Notre jolie chercheuse de vérité s’apprête à défrusquer les affaires non classées :

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Document de 2013 sur la façon dont la société normalise la pédophilie. Un document qui fait froid dans le dos :

Comment la pornographie transforme-t-elle les comportements des adolescents?

L’arrivée successive des vidéocassettes, de la télévision payante, des DVD, puis du Web a permis une explosion de la production et de la consommation de la pornographie tout en modifiant la structure des marchés. Il y avait environ 22 000 sites porno en 1997 contre 4,2 millions en 2006. Les nouvelles technologies favorisaient une consommation dans les lieux privés ; les salles de cinéma X disparaissaient, les magazines voyaient décroitre leur audience. En 2005, l’industrie produisait, aux États-Unis seulement, 13 588 films (ce qui comprend les compilations), contre 1 300 en 1988. Désormais, la pornographie est un média de masse très important économiquement et, par conséquent, influent socialement.

La consommation a également changé. Aujourd’hui, les personnes qui ne désirent pas en consommer finissent quand même par le faire. Au Royaume-Uni, une étude nationale auprès de 1 511 jeunes âgés de 9 à 19 ans a révélé que plus de la moitié (57 %) des jeunes, qui font un usage régulier d’Internet, avaient eu un contact avec la pornographie.

Il y a de nombreux sites pornographiques qui utilisent des noms proches de ceux des émissions ou des jeux pour enfants (technique nommée porn squatting). En outre, si un enfant a le malheur de taper dans un moteur de recherche des mots comme « chatte » et « chienne », il tombera sur des dizaines de milliers de sites pornographiques.

Enfin, la consommation commence de plus en plus jeune. Une enquête en France menée par Michela Marzano et Claude Rozier, qui ont interviewé 300 jeunes, révélait, en 2005, que 58 % des garçons et 45 % des filles ont vu leurs premières images pornographiques avant 13 ans 10. D’après notre enquête auprès d’étudiants universitaires, au Canada, l’âge moyen de la première consommation est 13 ans pour les filles et 12 ans pour les garçons. Plus de la moitié (57 %) des jeunes ont vu les premières images pornographiques entre l’âge de 8 et de 13 ans.

Quels effets chez les jeunes

La consommation de pornographie par les jeunes se traduit-elle par une économie différente des pratiques amoureuses et sexuelles ? Les aspirations intimes des jeunes sont-elles changées, le rapport au sexe modifié, la relation à l’autre transformée ?

L’étude de Marzano et de Rozier rapporte que 58 % des garçons et 42 % des filles estiment que leur sexualité est influencée par la pornographie. D’après notre enquête, près de six sur dix indiquent que la pornographie inspire leur vie sexuelle (58,6 %), leurs désirs et leurs fantasmes (59,6 %). Les désirs et les fantasmes des jeunes hommes sont davantage influencés par la pornographie : plus de trois hommes sur quatre (75,8 %) contre une femme sur deux (52,5 %).

Plus la consommation de porno commence jeune, plus elle tend à influencer les consommateurs.

Mais ce n’est pas tout, car plus ils consomment jeunes, plus ils demandent à leur partenaire de reproduire les actes sexuels vus dans la pornographie (particulièrement la sodomie, le triolisme et l’éjaculation faciale). Plus ils consomment jeunes, plus ils consomment avec régularité et fréquence. Plus ils consomment jeunes, plus leurs corps sont modifiés. Plus ils consomment jeunes, plus ils sont anxieux quant à leur corps et à leurs capacités physiques. Il ressort également de notre recherche que la consommation de pornographie par les filles affecte leur estime de soi. Par ailleurs, plus l’estime de soi est faible, plus les jeunes filles sont précocement actives sexuellement.

Des pratiques corporelles sous influence

La pornographie est leur principal lieu d’information sexuelle. Elle inspire et influence les pratiques sexuelles des jeunes et a une incidence sur les modifications déjà opérées sur leur corps et sur celles qu’ils voudraient y apporter. Quelque 27,2 % des jeunes femmes de notre enquête désirent modifier leur apparence physique de façon importante.

Pour avoir un corps parfait et sexy, il faut désormais s’épiler les parties génitales. Popularisée par les magazines Playboy, Penthouse et Hustler au début des années 1990, l’épilation totale des poils pubiens (acomoclitisme) est devenue la norme dans l’industrie et, au-delà de l’industrie, dans la société.

L’épilation totale du pubis efface la distinction entre l’adulte et l’enfant. Le fait est que cette mode a été diffusée dans un large public et, en particulier, auprès des jeunes. Selon notre enquête, une grande majorité des jeunes femmes (85 %) s’épilent ou se rasent les parties génitales. Quant aux garçons, une moitié d’entre eux (51 %) font la même chose.

Pour d’autres transformations corporelles, comme le tatouage et le piercing, l’influence de la pornographie sur les jeunes semble tout aussi importante.

À l’origine, le tatouage féminin se retrouvait essentiellement chez les femmes prostituées pour, par la suite, émigrer chez les hardeuses. Sa sortie de la marginalité, son expansion et son universalisation sont indubitablement liées à l’expansion et à l’universalisation de la pornographie.

Comme les hardeuses, les jeunes femmes d’aujourd’hui se font tatouer, percer, gonfler les seins et les lèvres de la bouche et, pour certaines, réduire les petites lèvres du vagin (nymphoplastie). Au cours de la dernière décennie, l’industrie de la chirurgie esthétique états-unienne a connu une croissance de 450 % 17.

Adocentrisme et pédophilisation

En tapant « schollgirls », « teen », « babysitter » ou « cheerleader » (meneuse de claque) sur n’importe quel moteur de recherche, on constate la popularité de ce type de pornographie, une pornographie parfois appelée « pseudo-infantile ». Sur un moteur de recherche, nous dénombrons près de 14 millions d’entrées pour « teen porn », près de 24 millions d’entrées pour « teen sex ».

Pour contourner les lois plus strictes sur la pornographie exploitant des enfants, il est d’usage de produire une pornographie imitative. Les modèles sont photographiés et filmés sous un aspect juvénile, portent des vêtements typés, accompagnés d’accessoires destinés à renforcer l’impression de jeunesse. La pornographie exploitant les « teens » est légale parce que les jeunes femmes seraient âgées de 18 ans ou plus, bien qu’elles soient présentées comme plus jeunes. Elles sont menues, arborent des expressions mutines, leurs cheveux sont souvent tressés ou coiffés avec une queue-de-cheval ou des couettes, elles ont une sucette à la bouche, elles sont entourées d’oursons en peluche, elles sont placées dans un parc d’enfants ou dans une chambre de fillette, etc. Par de telles techniques, les producteurs infantilisent ces jeunes femmes. D’un autre côté, et dans un même mouvement, la pornographie infantile présente des fillettes comme des petites adultes ou des adultes en miniature.

Cette tendance peut faire craindre un adocentrisme ou même une pédophilisation des préférences sexuelles des générations exposées très jeunes. Les mots sont forts, mais une étude norvégienne portant sur un groupe de 710 jeunes hommes âgés de 18 et de 19 ans révélait, en 2004, que 19,1 % d’entre eux étaient disposés à avoir des relations sexuelles avec des filles de 13 et de 14 ans. L’étude notait également que ce groupe consommait fréquemment de la pornographie. En outre, pour obtenir des « faveurs sexuelles », ces jeunes contraignaient plus volontiers leurs partenaires. Cette étude rejoint d’autres recherches menées aux États-Unis, lesquelles montrent, pour Diana Russel et Nathalie Purcell, que la pornographie provoque une fusion de l’image des femmes avec celle des filles si ce n’est un « remplacement des femmes par les filles ».

Selon Statistique Canada, « les agressions sexuelles sont largement commises contre les enfants et les jeunes [qui] représentent seulement 22 % de la population. Toutefois, des 15 000 agressions sexuelles rapportées à la police […] environ quatre cinquième des victimes étaient des filles, et plus des deux tiers de ces filles avaient entre 11 et 17 ans ». L’adocentrisme des représentations pornographiques y est sans doute pour quelque chose.

Avec la pornographie, les jeunes découvrent les corps, apprennent des techniques et des positions, tout en étant imprégnés d’une vision particulière de la sexualité, focalisée sur le plaisir masculin – l’éjaculation pénienne étant le but ultime du « spectacle » pornographique – et l’instrumentalisation des corps féminins. C’est le sexe mécanique corporel qui y est valorisé au détriment du sentiment et de la tendresse, bref de ce qui est humain, au profit d’une automation de l’acte. Notre enquête montre que le plaisir féminin compte peu. Ainsi, le cunnilingus est une pratique minoritaire tandis que la fellation est quasi universelle. Cela peut sans doute être corrélé avec un autre phénomène social : dans les cabinets gynécologiques et chez les sexologues, les plaintes les plus fréquentes en matière de sexualité des adolescentes et des femmes de moins de 30 ans concernent les rapports sexuels douloureux (environ 50 % des cas).

Le préadolescent et l’adolescent sont de plus en plus accoutumés à une vision sexiste des rôles sexuels. Les garçons affichent très tôt des conduites de contrôle sexuel, assure le psychothérapeute James Wright. Les attitudes et les comportements qui en découlent commencent habituellement à la fin de l’école primaire et sont étroitement imbriqués à leur perception de la masculinité, laquelle est déterminée par l’environnement social, où la pornographie joue certainement un rôle. Une enquête canadienne, menée auprès de 3 000 élèves de huit écoles secondaires de Montréal, Kingston et Toronto, a révélé que « trois élèves sur quatre se font harceler sexuellement par leurs pairs ». Dans une société où la sexualité, surtout celle des jeunes femmes, est un bien de consommation qui sert à exciter sexuellement les hommes et les garçons, il n’apparaît pas étonnant que l’on constate des taux élevés de harcèlement et d’agression sexuels et que les cibles de ces agressions soient surtout des adolescentes.

S’il est clair que l’on consomme de la pornographie de plus en plus jeune et que ses codes physiques et sexuels se diffusent, on ne peut pas écarter l’idée que l’initiation pornographique risque fort d’avoir des effets permanents par une cristallisation de fantasmes centrés sur le plaisir masculin et l’instrumentalisation des corps féminins, lesquels sont plus jeunes qu’auparavant tant au niveau de l’apparence que dans la réalité.

Poulin Richard, « La pornographie, les jeunes, l’adocentrisme »,

Lien sur le web: http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-dynamiques-2011-1-page-31.htm

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Après nous avoir mis à nu tout les dessous de cette affaire, notre chercheuse s’apprête à se pencher sur un autre dossier…

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